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Derrière les portes, B. A. Paris

"Dans la mesure où il était capable de me duper, de m’amener à oublier, même pendant quelques secondes, ce qu’il m’avait révélé de lui, comment allais-je parvenir à convaincre les autres qu’il était un loup déguisé en agneau ?"

Après mes déceptions de ce début d'année, j'avais besoin d'un livre facile d'accès, vite lu et prenant. Je n'avais qu'une envie, me laisser simplement porter par une histoire, sans me poser trop de questions.Ce fut chose faite grâce à ce thriller, qui certes ne brille pas par un style incroyable et ne révolutionne aucunement le genre, mais qui a le mérite de réunir en 300 pages les conditions ci-dessus.

Le couple formé par Grace et Jack renvoie à son entourage l'image agaçante de la réussite à tous les niveaux : Jack est un mari merveilleux, attentionné et fou amoureux de sa jolie épouse, docile femme au foyer et très fine cuisinière, qui semble elle aussi très éprise. Il est également très attentionné avec Millie, la sœur trisomique de Grace, qu'ils accueilleront chez eux lorsqu'elle quittera son école spécialisé, d'ici quelques mois. Ils habitent une grande et belle maison, voyagent dans des destinations de rêves... Tout cela à peine un an après leur première rencontre. Si leur vie était un fil Instagram, vous pâliriez d'envie face à ces images de félicité et d'accomplissement, en vous disant "mais ils ont la vie que je veux!". Mais rassurez-vous, là aussi, tout cela est trop beau pour être vrai et on comprend assez vite que derrière les portes, on ne joue pas la mélodie du bonheur et que les sourires ne sont que façade.

Au-delà du mal, Shane Stevens


Couverture d'Au-delà du mal, Shane StevensGrande consommatrice de polars, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai attaqué ce roman. Mes attentes étaient d'ailleurs à la hauteur des éloges que j'avais pu lire ici et là. Écrit par Shane Stevens en 1979 mais publié en France en 2009 seulement, il s'agirait du roman fondateur du genre, une référence pour des auteurs comme Stephen King, James Ellroy ou Thomas Harris. 

Malheureusement, je ne vais pas pouvoir en dire beaucoup, car j'ai abandonné ma lecture après 200 pages. Je me suis quand même accrochée un moment, mais ce livre m'est finalement tombé des mains.
Stevens retrace de façon méthodique le parcours de Thomas Bishop, tueur en série ayant sévi aux États-Unis dans les années 70. Son père ne serait autre que Caryl Chessman, serial killer bien réel, condamné à mort en 1960, après avoir écrit plusieurs livres sur sa vie. Son exécution a grandement contribué à lancer le débat sur la peine de mort aux États-Unis

Stevens décrit, dans un style très clinique, la psychologie tortueuse de Bishop. Cette immersion dans la tête du tueur est d'ailleurs ce qui m'a plu dans ce roman. 

Les garçons de l'été, Rebecca Lighieri

Couverture de Les garçons de l'été, de Rebecca LighieriUn titre qui sent bon le sable chaud, sonnant comme une bouffée d’air frais, un air de vacances. Je me suis lancée dans ce livre à l'aveuglette sans lire la 4ème de couverture, seulement attirée par le titre qui semblait promettre une histoire légère et rafraîchissante. Et c’est effectivement comme cela que tout commence : Zachée et Thadée, deux frères radieux issus d’une famille bourgeoise bien comme il faut de Biarritz, se retrouvent à la Réunion pour s’adonner à leur passion, le surf. Et puis l’accident : un requin mutile l’ainé, Thadée, le privant de sa jambe et de l’existence insouciante à laquelle il aspirait. A partir de là, tout se déglingue. Le roman bascule dans le thriller, teinté d’une subtile dose d’horreur. 

Chaque chapitre donne la voix à l’un des personnages, qui livre ainsi au lecteur ses pensées et ses intentions les plus obscures, dévoilant sa vraie nature. Les conventions sociales volent en éclats, le vernis de cette famille à priori parfaite s’écaille, pour révéler peu à peu une vérité sombre et poisseuse.

On est loin de l'idée que je m'en étais faite, mais il y a tout ce que j'aime dans ce roman... Des personnages tous plus tordus les uns que les autres carrément flippants, un final glauque à souhait. Non, non, je ne suis pas tordue, mais je dois avouer que ce genre d'histoire qui tourne à l'horreur me rend totalement accro! Un scénario parfait pour une future adaptation cinématographique...