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Hématome, Maud Mayeras

Couverture de Hématome, Maud Mayeras
"Entre les carreaux bleu fade, une esquisse vaguement travaillée au stylo-bille. Une femme, nue, le sexe grossièrement dessiné. Et son visage, constellé de taches diverses comme autant d'ecchymoses. Sous le dessin, maladroitement inscrit : EmMatOmES"

"Mes yeux se ferment presque, dans l’attente du soulagement. Puis le vide. Rien d’autre que la douleur. Et vient le hurlement. Non, soyons plus honnête, le braillement. Je suis en train de brailler."

Emma se réveille à l'hôpital, sans comprendre ce qu'elle fait là. Son corps est saccagé, meurtri, mais elle n'a aucune idée de ce qui lui est arrivé. A ses côtés, son compagnon Karter, seul témoin de son agression, garant de sa mémoire. Peu à peu, des flashs assaillent la jeune femme, des bribes de souvenirs. Bien décidée à reconstituer le puzzle de sa vie, Emma va, de témoignages en rencontres inquiétantes, se réapproprier ce passé qui lui file entre les doigts.

Les soeurs de Fall River, Sarah Schmidt

Couverture de Les soeurs de River Fall, Sarah Schmidt
"Tous ces adultes qui m’avaient un jour portée enfant étaient morts et plus personne ne me porterait jamais."

"Mon corps était assoiffé de ce passé avec Emma et Père : j’avais envie de redevenir une enfant. J’avais envie de nager, de pêcher, de sécher au soleil avec Emma jusqu’à sentir nos peaux cuire. « Et si on était des ours ! » lui lançais-je, et nous devenions toutes marron, gigantesques, nos grosses pattes griffues donnaient des coups sur nos truffes noires."

L'histoire romancée d'un fait divers sordide, voilà de prime abord de quoi satisfaire mon penchant pour les histoires glauques! 

Le 4 août 1892, Andrew J. Borden et Abby Borden sont retrouvés sauvagement assassinés à coups de hache dans leur maison familiale à Fall River, dans l’État du Massachussetts. Lizzie Borden, seule présente sur les lieux du crime avec leur bonne Bridget, est accusée du meurtre de son père et de sa belle-mère, et finira par être acquittée au terme du procès. L'identité du meurtrier demeure à ce jour inconnue, laissant place à toutes les spéculations. Voilà pour le cas qui a servi de point de départ à ce roman. Pour les autres détails plus sordides et les photos, je vous invite à vous tourner vers Google... et vers le présent ouvrage.

La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker



"Balivernes, ma chère amie, répondit Ostrovski en ricanant. Je n’ai jamais, et je dis bien jamais, rencontré un critique qui rêvait d’écrire. Les critiques sont au-dessus de cela. Écrire est un art mineur. Écrire, c’est mettre des mots ensemble qui forment ensuite des phrases. Même une guenon un peu dressée peut faire cela !"

"- Mais parce que dans l'ordre du respect accordé aux genres, il y a en tête de gondole, le roman incompréhensible, puis le roman intellectuel, puis le roman historique, puis le roman tout-court, et seulement après, en bon avant-dernier, juste avant le roman à l'eau de rose, il y a le roman policier."

Après avoir lu les deux derniers livres de notre Joël national, je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci. Alors évidemment, lorsqu'un auteur rencontre un tel succès, il ne peut éviter d'être attendu au tournant... Et je n'ai pas échappé à la tendance, malgré l'affection (toute platonique ahah) que j'ai pour ce jeune auteur. 

Bondrée, Andrée A. Michaud

"Je n'ai rien oublié des forêts de Bondrée, d'un vert à ce point pénétrant qu'il me semble aujourd'hui issu de la seule luminosité du rêve. Et pourtant, rien n'est plus réel que ces forêts où coule encore le sang des renards roux, rien n'est plus vrai que ces eaux douces dans lesquelles je me suis baignée longtemps après la mort de Pierre Landry, dont le passage au cœur des bois continuait de hanter les lieux."

"Elle me fusillait du regard, mais je n'avais pas cherché à esquiver le tir. Je savais que ma mère tirait à blanc, sinon j'aurais été morte depuis longtemps."


Un livre que j'aurai dû et voulu aimer, mais qui me laisse au final une impression un peu mitigée.
A priori, le scénario a tout pour me plaire. Dans les années 60, dans un petit village de vacances à la frontière du Maine et du Canada, le temps s'écoule et s'étire au rythme des baignades et des barbecues. Et puis, les jeunes filles, entre l'enfance et l'adolescence, sont bronzées et un peu aguicheuses, à moitié conscientes seulement du dangers qui les guettent, elle se disputent l'intérêt du bellâtre du camping. Un été comme bien d'autres en somme, jusqu'à ce que l'une d'entre elles est retrouvée morte, affreusement mutilée.

Assassins d'avant, Elisa Vix

Couverture de Assassins d'avant, Elisa Vix
"À l’époque, on ne me dit rien. On me cache tout. On m’épargne. Pour mon bien. Trop petite. Trop fragile. Trop dur à énoncer. Pendant huit jours, mon père me raconte que ma mère est en voyage. On l’enterre sans moi." 

"D’elle, j’ai peu de souvenirs, et, par-delà sa perte, c’est ma blessure incurable : qu’on me l’ait enlevée avant que j’aie pu me forger mes souvenirs. On m’a volé mon enfance, on m’a volé la douceur d’un foyer uni, on m’a volé une mère aimante, jusque dans ma mémoire."
 
Et voilà un livre que je viens de terminer et qui me donne l'occasion de vous parler d'une auteur que j'aime beaucoup. 

25 ans après le meurtre de sa mère, maîtresse d'école abattue dans sa salle de classe par l'un de ses élèves, Adèle, décide de mener sa propre enquête sur le drame qui a marqué son enfance. Les nombreuses zones d'ombre autour de cette histoire lui font penser que l'affaire a peut-être été classée un peu trop rapidement. Pourquoi un enfant aurait-t-il assassiné cette femme sans histoire, appréciée de tous ? Pour l'aider dans sa démarche, elle s'adresse à Manuel Ferreira, jeune flic... qui se trouvait dans la classe ce jour-là. Comme si cela n'était pas déjà assez compliqué comme ça, Manuel tombe amoureux d'Adèle...

Par le vent pleuré, Ron Rash

Couverture de Par le vent pleuré, Ron Rash
Une découverte et un vrai coup de cœur pour ce roman cruel et bouleversant, et surtout pour cet auteur, que je n'avais encore jamais lu et dont la plume m'a accrochée dès les premières pages.

Encore un cas de disparition mystérieuse et de passé sordide qui remonte à la surface sous le poids d'un secret, devenu trop lourd à porter. Décidément, ce thème semble me poursuivre ces jours, pour mon plus grand plaisir ! Et Ron Rash le traite ici d'une manière magnifique, construisant son intrigue autour de deux frères, Bill et Eugène, qui se laissent grandir avec une certaine insouciance dans un petit coin perdu des Appalaches, dans les années 60. Orphelins de père, élevés par une mère effacée et un grand-père paternel tyrannique, ils vivent pourtant une enfance et une adolescente plutôt paisibles, dans cette petite bourgade, où les échos de la guerre du Vietnam ou du Flower Power n'arrivent que par bribes étouffées. Mais cet été 69 va marquer définitivement la fin de leur insouciance, en mettant sur leur chemin l'envoûtante Ligeia, jeune nymphette libérée, un peu hippie, un peu rebelle, qui va faire naître une rivalité destructrice entre les deux garçons, titillant leur hormones en ébullition et attisant leurs différences, avant de disparaître. Lorsque 46 ans plus tard ses ossements remontent littéralement à la surface de la rivière, enveloppés dans une toile de plastique, les deux frères vont devoir déterrer les secrets du passé...

Le maître des illusions, Donna Tartt

Couverture de Le maître des illusions, Donna Tartt
En voilà un gros pavé qui était sur ma liste depuis très très longtemps. Je ne sais pas pourquoi, il me faisait un peu peur... J'en avais tellement entendu parler, des gens qui ont adoré, des gens qui n'en sont pas arrivés au bout. J'ai profité de mes deux semaines de vacances et des longs trajets en voiture (oui je peux lire en voiture sans être malade :)) pour m'y atteler.

Dans une université du Vermont, une poignée d'étudiants  brillants, férus de lettres et de culture classiques, forment un groupe fermé et élitiste. Réunis autour de leur professeur de grec aux méthodes peu conventionnelles, ils attisent les ragots et la curiosité des autres étudiants, dont Richard, le narrateur, fraîchement débarqué de sa Californie natale. Il parvient à intégrer le club et nous offre son regard de néophyte sur les mœurs étranges de ses camarades, teintées de luxe, d'excès et d'arrogance intellectuelle, faisant peu à peu la lumière sur ce qui les a conduit à commettre l'irréparable.