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Retourner à la mer, Raphaël Haroche

Couverture de Retourner à la mer, Raphaël Harroche
Ça y est, je l'ai lu, le livre de Raphaël. Je m'en réjouissais, d'autant plus qu'il s'agissait de nouvelles. Une forme que j'affectionne, des textes qui s'annonçaient prometteurs d'après ce que je connaissais du chanteur... J'ai peut-être un petit côté midinette finalement, qui me fait craquer pour ce regard bleu azur mélancolique, ses mèches folles qu'on a envie d'ébouriffer, ce petit côté torturé-à fleur de peau, cette voix lasse et sensuelle, enfin je m'égare un peu. Pourtant, malgré mon inclination assez évidente à être séduite sans grand effort par la plume de l'artiste, la magie n'a pas pris. 

Il plane sur ces nouvelles une ambiance désabusée, désespérée. Des fracassés de la vie, des "héros du quotidien", des écorchés vifs, des paumés... L'alcoolisme, le suicide, la mort, la vieillesse, les relations parents-enfants, tout un programme ! En fait, du vu et revu, mais en moins bien... A tort ou à raison,en lisant ce recueil, j'ai plusieurs fois pensé à Olivier Adam ; tiens, tiens, d'ailleurs.. même regard bleu azur, même cheveux fous, et même lassitude de ma part en le lisant...

Petites histoires pour futurs et ex-divorcés, Katarina Mazetti

Couverture de Petites histoires pour futurs et ex-divorcés, de Katarina Mazetti
Après mon polar abandonné en cours de route, j'ai décidé de me plonger dans un univers totalement opposé. Encore des nouvelles, qui traitent cette fois-ci de l'amour, ou plutôt de la fin de l'amour... Ce n'est pas le premier livre de Katarina Mazetti que je lis. J'avais beaucoup apprécié "Le mec de la tombe d'à côté" et sa suite, "Le caveau de famille". "Mon doudou divin" m'avait, lui, laissé un peu sur ma faim. Une agréable lecture, qui n'aura cependant pas beaucoup marqué mon esprit...

Ces 29 nouvelles nous déroulent un cortège de situations drôles, touchantes ou carrément déprimantes autour du divorce, de la séparation, du désamour  : une mère de famille qui pète un plomb au milieu de son envahissante famille recomposée, ou cette femme qui nous dresse l'inventaire des gens qui quittent sa vie suite à sa rupture. Complainte d'époux lassés l'un de l'autre ou d'un enfant, seul élève de sa classe à avoir des parents encore mariés (la honte !)... 

Pas vraiment de surprise avec ce livre : la plupart des situations sont "connues" et traitées de manière assez convenue et conventionnelle. Une lecture qui reste agréable et légère, parfaite pour bouquiner sur son balcon en picorant quelques chips et en sirotant un Spritz (en vrai je l'ai lu dans le train en allant travailler). Mais c'est un peu comme lorsque l'on regarde "Coup de foudre à Notting Hill" ou "Love actually" pour la 8ème fois : on connait le scénario par cœur, on sait comment ça finit, mais on les visionne toujours avec plaisir. Cela dit, j'aurais apprécié un peu plus d'originalité dans le déroulement de ces histoires qui avaient un air de déjà vu.

Chers monstres, Stefano Benni


Couverture de Chers monstres, Sefano BenniJ'adore les nouvelles. Comme je lis surtout dans les transports en commun (pour des trajets de 20 minutes en moyenne) et le soir avant de m'endormir, ce format me permet de pouvoir lire une histoire en entier, sans être frustrée de devoir fermer mon livre au milieu d'un chapitre car j'arrive à destination ou que je subis une attaque de paupières!

Les 25 nouvelles de ce recueil explorent différentes facettes de la peur. Les "monstres" ici ne sont pas toujours ceux que l'on croit et prennent des formes variées et inattendues : celle du Wenge de la première nouvelle, bestiole étrange au contact de laquelle on libère nos pires instincts, adolescentes hystériques prêtes à tout pour assister au concert de leur idole, médecin peu scrupuleux, inspecteur des impôts sans pitié, amateur de chats en ragoût, consommateurs de prostituées robotisées... et j'en passe. 

25 nouvelles, 25 fables cruelles où l'on croise Michael Jackson, Dracula en prise avec l'administration, un chat détective, une égyptologue devenue l'instrument de vengeance d'une momie séculaire, Hansel et Gretel en enfants obèses et accros aux jeux vidéos, devenues les proies d'un réseau pédophile, des fabricants d'armes en manque de chair fraîche, la vierge Marie ou encore le diable lui-même. Chaque histoire a un style qui lui est propre : Benni revisite à sa manière le conte pour enfant, le film d'horreur ou le polar, dénonçant avec sarcasme les travers et l'absurdité de notre société.