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Débâcle, Lize Spit

Couverture de Débâcle, Lize Spit
"Il est revenu armé d'un sachet de krupuk et d'un saint Nicolas miniature en chocolat. Le paquet de chips aux crevettes a fini sur ses genoux, la figurine sur les miens. J'ai directement croqué la tête du saint homme, histoire d'abréger ses souffrances- c'est comme ça que faisait Tessie : "Ceux qui commencent par les pieds, on voit tout de suite que c'est des sadiques."

"Est-ce qu'il existait un mot pour exprimer ce qu'elle était devenue ? Un nom comme veuve ou orpheline, mais réservé aux mères ayant perdu un enfant ? Et le fait qu'il n'y en ait pas, est-ce que c'était une consolation ou au contraire une chose qui transformait le chagrin en un animal féroce et indomptable ?"

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard sur Instagram. C'est bien sûr avant tout cette couverture terriblement dérangeante qui m'a poussé à lire le résumé. 

Rapport au bêtes, Noëlle Revaz

Couverture de Rapport aux bêtes, Noëlle Revaz
"Rapport aux bêtes" est un huis clos pesant, écrit à la première personne dans le langage bien particulier de Paul, le personnage principal dont on suit le cours des pensées. Paul est un paysan "fruste et violent", comme le dit la quatrième de couverture. Plus à l'aise dans son rapport aux bêtes, que dans son rapport aux humains, il donne à ses vaches toute l'attention et l'empathie qu'il est incapable de procurer à sa femme, réduite à sa fonction reproductrice et à ses enfants, nuée parasite et encombrante, aux contours flous. 
Lorsque Jorge, l'ouvrier portugais engagé pour l'été, arrive à la ferme, Paul semble s'humaniser peu à peu. 

Paul fait partie de ces paysans "à l'ancienne", caricaturaux. Se tuant à la tâche, battant sa femme, refusant de voir le mal qui grandit en elle, il vit dans l'isolement. Paul peut passer une nuit entière au chevet de sa vache qui met bas, mais est incapable de visiter sa femme à l'hôpital. Il connait chacune de ses vaches et veaux par leur prénom, mais ne connait pas celui de ses enfants et semble avoir oublié celui de sa femme, qu'il appelle "Vulve".

Seules les bêtes, Colin Niel

Couverture de Seules les bêtes, Colin Niel
Encore une belle découverte et un retour au polar avec "Seules les bêtes, de Colin Niel.

Dans la région du Causse, Evelyne Ducat, femme d'un notable de la région, a disparu. Le roman s'articule autour de 5 chapitres, chacun donnant la parole à un personnage différent, qui va tour à tour nous livrer un pan de l'histoire. Au final, c'est nous seul, lecteur, qui aurons toutes les cartes en main pour reconstituer l'intrigue dans son ensemble. 

Seules les bêtes est un polar, mais l'enquête policière y tient finalement un rôle assez secondaire. Au fil des pages, c'est surtout la solitude qui s'impose comme thème central, à la fois cause et conséquence de toute cette affaire. Cinq chapitres, cinq personnages, cinq solitudes, cinq façons de remplir le vide. Dans leur quête quasi obsessionnelle de l'amour, chacun des personnages va commettre l'acte désespéré qui le liera aux autres de façon tragique. 
Certains de ces liens, présentés comme des coïncidences, sont certes un peu "faciles", mais l'ensemble est si bien ficelé que ce petit défaut n'a en rien gâché ni mon plaisir ni ma surprise.