Des albums pour petits et grands

Comme ma lecture en cours est un gros pavé qui me prend énormément de temps, je vous propose un article un peu différent aujourd'hui. Dans le cadre de mon travail, j'achète régulièrement des livres pour enfants dont des albums. La production en la matière est juste énorme et regorge de vraies pépites d'originalité et de profondeur, qui nous sortent un peu des classiques en la matière.

Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson

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"J'ai dix-sept ans.
Je ne sais pas que je n'aurai plus jamais 17 ans, je ne sais pas que la jeunesse, ça ne dure pas, que ça n'est qu'un instant, que ça disparaît et quand on s'en rend compte, il est trop tard, c'est fini, elle s'est volatilisée, on l'a perdue, certains autour de moi le pressentent et le disent pourtant, les adultes le répètent, mais je ne les écoute pas, leurs paroles roulent sur moi, ne s'accrochent pas, de l'eau sur les plumes d'un canard, je suis un idiot, un idiot insouciant" 

"L'écriture peut être un bon moyen pour survivre. Et pour ne pas oublier les disparus. Pour continuer le dialogue avec eux."

"Le sentiment amoureux, il me transporte, il me rend heureux. Mais il me brûle aussi, il m’est douloureux, comme sont douloureuses toutes les amours impossible."

Il s'agit du premier roman de Philippe Besson que je lis, mais ça ne sera sans doute pas le dernier, tant j'ai été touchée par le style tellement juste, tellement fin de l'auteur. C'est un roman très court, mais d'une intensité folle, à l'image de cet amour d'adolescent, son premier amour, qu'il nous raconte ici, avec une sincérité poignante.

Assassins d'avant, Elisa Vix

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"À l’époque, on ne me dit rien. On me cache tout. On m’épargne. Pour mon bien. Trop petite. Trop fragile. Trop dur à énoncer. Pendant huit jours, mon père me raconte que ma mère est en voyage. On l’enterre sans moi." 

"D’elle, j’ai peu de souvenirs, et, par-delà sa perte, c’est ma blessure incurable : qu’on me l’ait enlevée avant que j’aie pu me forger mes souvenirs. On m’a volé mon enfance, on m’a volé la douceur d’un foyer uni, on m’a volé une mère aimante, jusque dans ma mémoire."
 
Et voilà un livre que je viens de terminer et qui me donne l'occasion de vous parler d'une auteur que j'aime beaucoup. 

25 ans après le meurtre de sa mère, maîtresse d'école abattue dans sa salle de classe par l'un de ses élèves, Adèle, décide de mener sa propre enquête sur le drame qui a marqué son enfance. Les nombreuses zones d'ombre autour de cette histoire lui font penser que l'affaire a peut-être été classée un peu trop rapidement. Pourquoi un enfant aurait-t-il assassiné cette femme sans histoire, appréciée de tous ? Pour l'aider dans sa démarche, elle s'adresse à Manuel Ferreira, jeune flic... qui se trouvait dans la classe ce jour-là. Comme si cela n'était pas déjà assez compliqué comme ça, Manuel tombe amoureux d'Adèle...

Les règles d'usage, Joyce Maynard

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"Il s'avérait que des choses horribles pouvaient arriver à des gens ordinaires. Des choses inimaginables pouvaient se produire dans les endroits les plus banals." (p.112)

"Je ne sais pas ce qui est le plus dur, répondit-il. Quand on a la sensation de ne plus pouvoir continuer, ou quand on commence à se rendre compte qu'on continuera." (p. 384)

"Comment est-il possible que, pour certains, une terrible tragédie puisse se produire et que celle-ci semble seulement les rendre plus forts et plus déterminés à donner un sens à leur vie ? Tandis que, pour d'autres, l'épreuve se borne à les broyer. Ils ne s'en remettent jamais. Ils n'en sont pas moins bons, c'est juste qu'il leur manque une sorte d'instinct de conservation" (p. 445).

Avez-vous déjà lu un roman de Joyce Maynard? Si ce n'est pas le cas, vous avez beaucoup de chance, car vous avez tout à découvrir de cette auteur, qui à chaque ouvrage m'éblouit par sa justesse. C'est encore le cas ici avec ce roman post-11 septembre. 

Bilan lecture du mois de décembre

Un livre que j'ai mis deux semaines à lire tant il m'a ennuyé (d'où l'absence de posts pendant deux semaines, pour les deux du fond qui auront remarqué), puis les vacances, qui m'ont permise de dévorer des livres courts et passionnants, voici mon bilan lecture du mois de décembre : 

Avenue des géants, Marc Dugain 

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Une première rencontre avec Marc Dugain, qui ne m'a pas convaincue de poursuivre l'aventure. Ce livre avait pourtant tout pour me plaire : l'histoire romancée d'Edmund Kemper (devenu Al Kenner dans le roman), tueur en série ayant sévi dans l'Amérique des années 60. Un roman en forme de road trip sur les routes de la Californie, qui raconte le destin tragique d'un psychopathe au QI et au physique hors normes, et qui a des choses à régler avec sa maman. 
Impossible pour moi de m'immerger dans la tête de cet homme, comme l'aurait voulu Marc Dugain. L'écriture est plaisante et fluide, l'histoire prometteuse, mais je me suis ennuyée. Je n'ai pas réussi à m'intéresser suffisamment à ce personnage, ma curiosité à son égard allait en déclinant au fil des pages. J'ai quand même terminé le livre, au bout de deux semaines d'efforts, que j'aurais bien pu m'épargner car au final, je n'en ai pas retiré grand chose...