Un peu, beaucoup, à la folie, Liane Moriarty

Couverture Un peu, beaucoup, à la folie, Liane Moriarty
"Sa mère "pratiquait la gratitude" depuis quelques temps. Elle avait un pot spécial baptisé "Pot du bonheur". On était censé écrire sur des bouts de papier ses souvenirs heureux puis les mettre dedans, et le soir de Noël, on regardait ce qu'il y avait dans le pot et on se rendait compte de tous les bienfaits de notre vie ou quelque chose comme ça".

"C'était curieux de voir comment les couples tombaient instantanément dans le domaine public dès lors qu'ils battaient de l'aile."

Un peu moins de temps pour écrire des articles ces jours-ci, mais toujours le temps de me plonger dans un livre ! Après avoir terminé le dernier volet de "L'amie prodigieuse" d'Elena Ferrante, il me fallait un peu de légèreté. Comme j'avais beaucoup aimé les deux premiers romans de Liane Moriarty, "Le secret du mari" et "Petits secret, grands mensonges" (La série "Big Little Lies" en est l'adaptation) c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai attaqué la lecture de son dernier opus.

La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker



"Balivernes, ma chère amie, répondit Ostrovski en ricanant. Je n’ai jamais, et je dis bien jamais, rencontré un critique qui rêvait d’écrire. Les critiques sont au-dessus de cela. Écrire est un art mineur. Écrire, c’est mettre des mots ensemble qui forment ensuite des phrases. Même une guenon un peu dressée peut faire cela !"

"- Mais parce que dans l'ordre du respect accordé aux genres, il y a en tête de gondole, le roman incompréhensible, puis le roman intellectuel, puis le roman historique, puis le roman tout-court, et seulement après, en bon avant-dernier, juste avant le roman à l'eau de rose, il y a le roman policier."

Après avoir lu les deux derniers livres de notre Joël national, je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci. Alors évidemment, lorsqu'un auteur rencontre un tel succès, il ne peut éviter d'être attendu au tournant... Et je n'ai pas échappé à la tendance, malgré l'affection (toute platonique ahah) que j'ai pour ce jeune auteur. 

Bondrée, Andrée A. Michaud

"Je n'ai rien oublié des forêts de Bondrée, d'un vert à ce point pénétrant qu'il me semble aujourd'hui issu de la seule luminosité du rêve. Et pourtant, rien n'est plus réel que ces forêts où coule encore le sang des renards roux, rien n'est plus vrai que ces eaux douces dans lesquelles je me suis baignée longtemps après la mort de Pierre Landry, dont le passage au cœur des bois continuait de hanter les lieux."

"Elle me fusillait du regard, mais je n'avais pas cherché à esquiver le tir. Je savais que ma mère tirait à blanc, sinon j'aurais été morte depuis longtemps."


Un livre que j'aurai dû et voulu aimer, mais qui me laisse au final une impression un peu mitigée.


A priori, le scénario a tout pour me plaire. Dans les années 60, dans un petit village de vacances à la frontière du Maine et du Canada, le temps s'écoule et s'étire au rythme des baignades et des barbecues. Et puis, les jeunes filles, entre l'enfance et l'adolescence, sont bronzées et un peu aguicheuses, à moitié conscientes seulement du dangers qui les guettent, elle se disputent l'intérêt du bellâtre du camping. Un été comme bien d'autres en somme, jusqu'à ce que l'une d'entre elles est retrouvée morte, affreusement mutilée.

Aquarium, David Vann

Couverture de Aquarium, de David Vann
"Tout est possible avec un parent. Les parents sont des dieux. Ils nous font et nous détruisent. Ils déforment le monde, le recréent à leur manière et c'est ce monde-là qu'on connaît ensuite, pour toujours. C'est le seul monde. On est incapable de voir à quoi d'autre il pourrait ressembler."

"La fin, aussi, de l’amour simple et entier envers ma mère. Les limites de mon propre pardon" 
 
"Le pire, dans l’enfance, c’est de ne pas savoir que les mauvais moments ont une fin, que le temps passe. Un instant terrible pour un enfant plane avec une sorte d’éternité, insoutenable. La colère de ma mère s’étirait à l’infini, une rage à laquelle nous n’échapperions jamais."  

J'ai découvert cet auteur avec Sukkwan Island (lisez-le!). En attendant de lire son nouveau roman, je suis tombée sur celui-ci par hasard, et je me suis empressée de le mettre sur ma liseuse.

Débâcle, Lize Spit

Couverture de Débâcle, Lize Spit
"Il est revenu armé d'un sachet de krupuk et d'un saint Nicolas miniature en chocolat. Le paquet de chips aux crevettes a fini sur ses genoux, la figurine sur les miens. J'ai directement croqué la tête du saint homme, histoire d'abréger ses souffrances- c'est comme ça que faisait Tessie : "Ceux qui commencent par les pieds, on voit tout de suite que c'est des sadiques."

"Est-ce qu'il existait un mot pour exprimer ce qu'elle était devenue ? Un nom comme veuve ou orpheline, mais réservé aux mères ayant perdu un enfant ? Et le fait qu'il n'y en ait pas, est-ce que c'était une consolation ou au contraire une chose qui transformait le chagrin en un animal féroce et indomptable ?"

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard sur Instagram. C'est bien sûr avant tout cette couverture terriblement dérangeante qui m'a poussé à lire le résumé.